Résumé

La cryptographie a été d'abord utilisée pour garantir la confidentialité des données, elle s'est depuis "démocratisée" en assurant la sécurité des services de télécommunications, étendant de ce fait son champ d'action à l'authentification d'une personne ou d'un message, la non-répudiation, l'intégrité mais aussi l'anonymat des transactions.

Cet anonymat est parfois primordial dans les nouveaux services des télécommunications et entre aujourd'hui dans un domaine plus vaste dénommé en anglais "privacy" et le plus souvent traduit par "protection de la vie privée". Ce domaine consiste à offrir aux utilisateurs de services un maximum de garanties sur la non-divulgation de leurs données personnelles.

Les travaux de recherche que je vais décrire dans cet exposé s'inscrivent dans une démarche d'élargissement du domaine de la cryptographie à la protection de la vie privée. Il existe de nombreux outils cryptographiques, parmi lesquels les signatures de groupe ou les signatures aveugles, qui seront abordées dans cet exposé, permettant aux utilisateurs d'être anonymes. Une grand part de la recherche que j'ai menée ces dernières années consiste en l'utilisation et l'amélioration de ces outils.

Pour autant, comme le montrent les travaux que j'ai menés, il est possible de relâcher les contraintes dues à l'anonymat, et on peut protéger sa vie privée sans pour autant être anonyme. Cet exposé présente mes travaux de recherche dans le domaine de la protection de la vie privée. Il va introduire les outils cryptographiques que j'ai étudiés, expliciter l'utilisation de ces briques cryptographiques dans différents services pour lesquels la protection de la vie privée est préconisée. Le cas particulier de la monnaie électronique sera plus largement abordé.

Enfin, il se focalise sur la cryptographie "(très) bas-coût" (aussi appelée cryptographie "(ultra) légère") pour la protection de la vie privée.